décalé
ATHOS


Un soir, sur la côte de la mer Égée, juillet 2006

J’aime voir finir le jour sur cette plage sur les bords de la mer Égée, encore sauvage et épargnée par le progrès . C’est un spectacle dont je ne me lasse pas depuis bientôt trente cinq ans que je viens ici. L’horizon, à cette heure de la journée et par bonasse, est presque tangible. Il est réconfortant et solide. Son infinité calme et courbe remet les idées en place, en ordre, et, par là, les rend claires. C’est un moment de la journée où les projets naissent, les décisions se prennent et les peurs s’évanouissent. La vie y prend presque un sens, on se plaît du moins à l’imaginer.

C’est quelque fois à cette heure de la journée que la Nature, avide elle aussi de symboles, nous en fournit un des plus magnifiques. Après une de ces journées où le vent de terre a poussé les nuages du ciel et les brumes de la pensée jusqu’au delà de la Turquie, apparaît au large, au travers d’un halo rouge de lumière solaire déclinante, finitude de l’horizon, but ultime des pensées humaines, comme si, calme et immuable, le chemin était tracé tout droit et depuis toujours, apparaît au loin le mont Athos dans toute sa splendeur, mystique et protecteur.

dédié à Loukia et Thanos Christidis