décalé
LES QUATRE RÉCIFS


Ces quatre récifs qu'on voit en arrière plan s'appellent en fait les "Four Stonks", en souvenir du nom anglais approximatif "four stones" donné par le vieux Grec qui nous avait indiqué cet endroit, il y a bien des années de cela. Le nom grec de ce lieu n'a pas eu autant de succès que son pseudonyme.

Cette photo, peu "professionnelle", m'a été réclamée par un nostalgique de l'ancienne mouture de ce site. C'est une photo que, personnellement, j'aime beaucoup parce qu'elle me rappelle, à un premier degré, mes vacances au bord de la mer. Certainement, ce site n'est pas vraiment un endroit pour des photos de vacances. Je l'ai conservée quand même parce que je la trouve très forte au niveau symbolique.

Un artiste n'est pas seulement une "nature", pas uniquement non plus un intellectuel. C'est, à mon avis, et c’est très important pour moi, un moment dans le temps, une image-clé. C'est un point relationnel avec ce qui a été et le devenir de l'expression artistique. Cette prise de conscience ouvre un univers immense de possibilités artistiques.

La qualité d'une interprétation dépend évidemment du niveau technique de l'artiste, de la profondeur de son analyse et de paramètres que d'autres décriront mieux que moi. Mais je suis persuadé qu'il y a une chose dont peu de personnes parlent, c'est la relation avec "l'énergie ancestrale". Le mot a l'air pompeux, dit comme cela, mais je n'en ai pas d'autre sous la main. L'artiste doit être en relation avec le passé. Bien sûr avec son expérience vécue, mais aussi, et ce n'est pas toujours conscient, avec ce qui l'a fait tel qu’il est, être humain et artiste.

C'est pour cela que j'aime tant cette image des quatre récifs en arrière plan parce qu'ils sont (les récifs) une métaphore de mon histoire, de celle des Arméniens, et, osons, de celle de l'Humanité.

C'est à la fois solide et sauvage...

Le fait d'avoir conscience de cette "énergie ancestrale" aide à l’enracinement mais surtout apporte de la présence à l'interprète, parce qu'il parle aux auditeurs ou aux spectateurs de leur propre histoire.

Parler de la beauté des « Four Stonks », c’est une bonne raison de faire ce métier.

Ai-je vraiment été clair...